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Renaud Muselier surfe sur la vague régionaliste

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Renaud Muselier, président du conseil régional de Provence Alpes Côte d’Azur a annoncé il y a une semaine le lancement d’un nouveau mouvement politique. Appelé « nos territoires d’abord », il se veut être un parti « 100% régional » et sera lancé officiellement le 14 octobre à Marseille. Rassemblant 216 élus de cette région, le but est d’ouvrir une voie à ceux qui ne se reconnaissent pas dans la NUPES ou le RN.

Nouvelle preuve de l’opportunisme de Muselier?

Il y a moins d’un an, Renaud Muselier quittait son parti politique historique les Républicains. Lors des élections régionales de juin 2021, il avait dû faire avec le soutien d’Emmanuel Macron pour être assuré de garder son poste. Fortement critiqué pour ses déclarations favorables envers le président de la République, il avait fini par quitter LR en novembre dernier.

100% territoires est donc un énième mouvement qui représentera l’aile droite de Renaissance dans le Sud. Cependant, pas question de se désolidariser du gouvernement. Bien au contraire, Renaud Muselier loue les actions d’Elisabeth Borne depuis son intégration au mouvement En Marche. Elle avait alors quitté le parti socialiste.

Changement de famille politique, oui, réel opportunisme en parlant décentralisation, pas vraiment. Depuis 2019, le président de Région, devenu à ce moment président de Régions de France, organisme de représentation des régions, milite pour un transfert de compétences venant de l’Etat. La crise du covid qui a mis en lumière les actions locales et régionales avait ravivé cette volonté.

Les régions n’avaient pas été remerciées par le gouvernement. De manière autoritaire, Jean Castex avait repris la main et les pouvoirs sur toute initiative locale. Les présidents de région s’étaient alors manifestés et des tensions étaient perceptibles entre représentants régionaux et le gouvernement. Ils avaient, à plusieurs reprises, recalés voire oubliés des dispositifs mis en place dans le cadre du covid.

Cette initiative locale que l’on pourrait voir de bon oeil, semble donc illusoire. Emmanuel Macron, depuis son élection en 2017, a mis de côté les territoires et a accentué la centralisation. Exit la loi Molac pour un respect des langues régionales, des services publics de plus en plus absents et maintenant une annonce quant à la répartition des migrants dans les campagnes.

Renaud Muselier, accompagné de Christian Estrosi, girouette politique reconnue adoubant Emmanuel Macron depuis plusieurs années, a donc lancé un mouvement sans fond.

Les territoires, nouvelle lubie des politiques

De nouveau, la question des territoires revient sur la table. Le discours de Renaud Muselier ressemble fort à celui de Xavier Bertrand. Certains politiques ont compris la problématique liée à l’abstention toujours grimpante lors des élections. En cause notamment l’éloignement de la population du centre de décision que représentent les institutions parisiennes.

Mais ces nouveaux mouvements peuvent-ils être crédibles en n’évoquant pas le problème des grandes régions qui ne représentent rien dans la tête des Français ? En ne voyant rien à redire à la non-reconnaissance des referendums locaux mis en place lors d’un projet d’installation d’éoliennes par exemple ?

Plus opportunistes que sincères, les revendications régionalistes voire nationalistes semblent en difficulté pour être entendues.

Crédit photo: wikipédia

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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