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Romain Vitrand, conseiller municipal d’opposition « Nous faisons des propositions au maire de Louvroil pour garder le Château »

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Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Romain Vitrand, j’ai 24 ans, je suis engagé pour les Louvroiliens depuis 2014 dans diverses associations et depuis 2020 en tant que conseiller municipal. 

Vous intervenez dans le dossier municipal prévoyant la destruction du Château Lixon. Qu’avez-vous entrepris à ce jour pour remettre en cause la destruction prévue par décision municipale

Nous avons lancé avec Pascal Louis un habitant attaché au patrimoine, lancé une pétition qui a recueilli plus de 31 000 signatures au 22 aout. Nous faisons des propositions au maire pour garder le Château, des logements étudiant en partenariat avec la Région, une petite maison de retraire, une crèche, une colocation intergénérationnelle, résidence pour enfants ou adultes en situation de handicap … des solutions et des subventions existent. Il faut juste avoir la vision et la volonté politique. Nous ne sommes pas pour que Aldi parte de Louvroil mais qu’il s’installe autres part. D’autres terrains existent. Par exemple à coté du Centre Aquatique Intercommunale L’Emeraude sur la friche de Usinor qui est propriété de la ville (AB478 sur le plan cadastrale) mais également sur la friche de l’ancienne piscine tournesol (AH773 et AH774) sur le plan cadastrale). 

Comment le maire justifie cette décision qui peut surprendre, aller jusqu’à détruire un monument de la ville pour un supermarché hard discount ?

Le maire justifie cette décision par le fait que Aldi est la dernière grande surface commerciale en centre-ville. Ce qui est vrai, mais est-ce que Aldi va remplacer les commerces qui sont partis de Louvroil ? La réponse est non, Aldi risque surtout de « tuer » les quelques commerces qui restent en centre-ville et de bloquer par sa présence d’éventuels investissements pour des commerces de proximité.

Des solutions existent pour réimplanter des commerces de proximités en centre-ville

Par exemple, la Région en partenariat avec l’Etat alloue des millions d’Euros de subvention à plusieurs centaines de communes chaque année pour réimplanter des commerces. La ville de Louvroil a-t-elle déposé un dossier depuis 2018 pour avoir des subventions. La réponse est malheureusement NON.

La ville peut aussi racheter certains commerces vides, les rénover et donner la gérance à quelqu’un qui est intéressé. Des villages le font de plus en plus pour se redynamiser. Nous manquons cruellement d’un point presse, tabac café dans le centre-ville tout comme d’un marchand de fruits et légumes. La ville peut aussi négocier avec le Syndicat Mixte des transports de Sambre Avesnois qui gère le réseau Stibus une navette centre-ville qui permettra aux habitants de mieux se déplacer dans la ville et d’aller dans la zone commerciale Auchan Louvroil-Hautmont qui est la plus grande zone commerciale de l’arrondissement. Où il y a également un magasin hard discount Lidl. 

Les habitants sont-ils sensibilisés vis à vis de l’avenir du château ?

Oui certains habitants sont sensibles à notre démarche et à l’avenir du Château. Le château a eu plusieurs vies, d’abord en maison de maitre Château Hannecart où il y avait la fonderie derrière. Ensuite revendu à la famille Lixon qui le loua au Docteur Pierre Louis FRESNEL pour en faire une clinique-maternité vers 1954.

Ensuite, fin de la décennie 60-début 70, deux des frères LIXON installés à demeure, transformèrent les dépendances en boite de nuit ; dancing qui connut ses heures de gloire jusque 1973, car bien situé et bien fréquenté. Cet établissement dénommé « Coccinelles » laissa par la suite place au « Palais de la cuisine ». 

Enfin, vendu à un entrepreneur finésien qui n’en fit rien de particulier, le bâtiment principal commença à mal vieillir. Deux incendies achevèrent le « château » : l’un en 1999 puis un second en 2002 qui ravage de manière conséquente la toiture centenaire. Et quand bien même la Ville de Louvroil porta son dévolu sur cette propriété avec l’idée d’en faire un lieu de résidence d’artistes, le rachat par un investisseur d’origine libanaise sauva l’édifice ! La ville mis une clause dans le contrat de vente, les compagnons du tour de France devaient refaire la toiture. Clause qui a été respectée.  

Celui-ci en effet propriétaire de restaurants dans le sud de la France- eut un véritable coup de cœur pour cette batisse.  Son souhait était de restituer aux louvroiliens une partie de leur patrimoine historique. Avec l’intention première d’ouvrir le château à ses habitants – tout au moins le jardin du château ! Il mit de gros moyens à disposition de la restauration : grilles du parc fabriquées de toutes pièces au moyen Orient…

« Certains habitants ne comprennent pas notre attachement au château et sont d’accord avec sa destruction pour garder Aldi à Louvroil, je respecte leur point de vue même si je ne le partage pas »

Hélas, ses projets de départ avortés pour raisons économiques personnelles. C’est au successeur de cet investisseur de créer à l’intérieur de cet espace historique des chambres d’hôtes ouvertes en 2007-2008. Mais depuis, la propriété propose des logements en location.

 

Le conseil municipal connaît des épisodes tumultueux depuis plusieurs mois. Quelles en sont les origines ? Qu’en est-il aujourd’hui ?

Au mois de septembre 2020, un différend a opposé la femme du maire élégamment directrice des finances à la première adjointe madame Kacimi . La nature du différend concerne le pouvoir de plus en plus grand que prenait la directrice des finances. Elle donnait des ordres et bloquait le travail de la première adjointe qui on peut la comprendre ne s’est pas laissée faire.

Le point de paroxysme de ce conflit a été atteint en novembre 2020. J’ai donc appelé madame Kacimi qui m’a expliqué son point de vue. Celui ci était plus crédible et sincère que celui du maire et que je n’aime pas le lynchage public et les injustices. Madame Kacimi a des défauts comme tout le monde mais aussi des qualités professionnelles et politiques. Sans son expérience politique nous n’aurions jamais gagné les élections. J’ai donc soutenu madame Kacimi, et c’est à partir de ce moment que le maire est devenu de plus virulent envers moi.

Le conflit a continué jusqu’à un désaccord qui a abouti à une scission lors d’un conseil municipal concernant deux délibérations en novembre 2020. L’une concernant la fermeture des accueils de loisir le samedi après-midi remplacée par le mercredi matin. Ce qui est honteux selon moi et qui n’est pas de gauche. Elle va priver les enfants d’activité. L’autre concernait le recrutement d’un directeur des services technique qui est inutile dans une ville de 6371 habitants. Nous avons déjà un responsable des ateliers et un responsable du fleurissement qui sont très compétents et dévoués à leur travail.

La situation a continué à se dégrader. J’étais au « placard ». On ne me disait plus aucune information en dehors de celle des préparations de conseil.  Et le maire ne me disait même plus bonjour. Des désaccords politiques sont aussi apparus à partir de janvier 2021. Les dossiers pour les projets n’avançaient plus. Certaines décisions allaient à l’encontre du programme des élections municipales de 2020 mais également à l’encontre de mes principes et valeurs. 

Une agression verbale a ensuite eu lieu en juin 2021. Le maire après le conseil municipal, m’a hurlé dessus et m’agressé verbalement. J’avais refusé de voter une délibération (refus de vote compter comme abstention) concernant l’augmentation pour le maire des emprunts qu’il pouvait souscrire au nom de la commune, de 1 million cela passait à 2 millions. Je ne pouvais pas voter cette délibération car je ne faisais plus confiance au maire.

Plusieurs autres agressions verbales du maire ont eu lieu entre septembre 2021 et juin 2022

Des insultes de deux élus de l’autre groupe d’opposition ont fusé contre moi en mai 2022 sans réaction du maire, qui a repris la séance normalement.

En décembre 2021, après le dernier conseil municipal de 2021, il m’a annoncé que les différents groupes avaient décidé de m’exclure du groupe majoritaire. J’ai accepté cette exclusion car j’allais de toute façon le quitter en janvier 2022. Mais j’ai appris peu de temps après, qu’il avait prit cette décision sans concertation de la totalité du groupe. Ce qui est à mon sens anti-démocratique. 

En juillet 2022, il a repris la vice-présidence de la première adjointe (à la suite de la démission du président qui a été élu député) à l’agglomération, il s’est présenté contre elle et a gagné de peu de voix. 

Il a annoncé à la presse quelques jours après, que la situation à la mairie ne pouvait pas continuer ainsi. Je pense qu’il va tenter au prochain conseil municipal de lui retirer son poste de 1ere adjointe par un vote du conseil et de l’exclure du groupe majoritaire. 

En attendant, aucun dossier, projet et promesse n’avancent, les habitants en sont les 1ers pénalisés. A part le NPRU dans le Quartiers du Lac du Paradis. (Nouveau Programme, de Rénovation Urbaine) qui pour l’instant est géré par la première adjointe madame Kacimi. 

Nous serons à la moitié du mandat l’année prochaine, et il n’a même pas respecté la moitié de son programme. 

Crédit photo : wikipédia

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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