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Nouvelle tentative de redynamisation des centres villes de la MEL

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La Métropole Européenne de Lille (MEL) lance un nouvel appel à projets appelé « animations commerciales ». L’objectif principal: « aider à compenser les pertes subies ces derniers mois, en incitant et en facilitant le retour de la clientèle dans les zones commerciales des centres-villes, des centres-bourgs et des quartiers. » Cela concerne les projets qui se déroulent en 2022, les candidatures peuvent être adressées jusqu’au 30 octobre.

Les bénéficiaires sont les unions commerciales, les associations et les syndicats professionnels regroupant commerçants, artisans et professionnels de service. Ils peuvent faire candidature pour des dépenses en vue d’animer les centres-villes: chapiteaux, décoration, communication, petits spectacles. Sont privilégiés les projets:

  • les projets en circuit court et respectant les principes du développement durable,
  • se déroulant le dimanche et non répétitifs,
  • faisant intervenir des commerçants qui n’exercent pas en continu dans le centre-ville,
  • se déroulant dans les quartiers prioritaires.

Le budget alloué pour chacun des projets doit dépasser 3000 euros. Un projet par an par structure est autorisé.

Alors que cette initiative peut sembler louable, elle n’est qu’une répétition d’actions aux effets positifs limités. Depuis mars 2018, les pouvoirs publics ont réagi aux besoins des habitants des centres villes délaissés et désertés depuis l’accélération de la construction de zones commerciales en périphérie des villes. Mais comme cela a pu être fait depuis le début, les bénéficiaires ne sont jamais directement les commerçants eux mêmes qui souffrent du manque d’attractivité. Le prix des loyers explose, les places de stationnement s’éloignent parfois de plus en plus du centre ville. Pour bénéficier de ces aides, ils doivent donc passer par une collectivité comme lors de l’appel à projet national de 2018 ou régional de 2019. Ou encore comme c’est le cas en l’espèce par une structure associative. Le risque pour les commerçants est de se voir mettre des bâtons dans les roues par les acteurs associatifs et locaux.

Autre élément remarquable: la priorité apportée entre autres aux quartiers prioritaires. Ils sont pourtant déjà les privilégiés des aides publiques. Des millions sont consacrés par an à ces quartiers dans notre région pour un retour sur investissement nul. Pourquoi ne pas avoir privilégiés les communes à faible densité de population? Sur les 95 communes que compte la MEL, on en dénombre certaines à moins de 1500 habitants par exemple à Wicres, Hantay ou encore Anstaing (chiffres de 2017).

Après avoir créé le problème des zones commerciales en zone péri-urbaine, les acteurs publics et politiques créent les solutions. Même si certains effets positifs se font ressentir, ce ne sont toujours pas les commerçants qui sont directement aidés. Y a t’il du clientélisme dans cette pratique?

Nous reviendrons sur la question de l’état des centres-villes et leur gestion publique dans de prochains articles.

Crédit photo: documents officiels de la MEL

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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