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Festival de Cannes: bouffée d’air grâce au succès des réalisateurs flamands

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Le festival de Cannes a rendu sa copie. Le cinéma belge tire son épingle du jeu dans un événement par lequel la France aura encore montré une image pitoyable de sa culture. Le film Rodéo signé par Lola Quivoron, bourgeoise bobo en mal de sensation venant de la banlieue ne sera qu’un exemple supplémentaire pour ce pays glorifiant les racailles immigrées.

Nos voisins belges auront œuvré aussi dans la bien pensance avec un film racontant la vie de 2 réfugiés. « Quand on préparait notre film, en janvier 2021, un boulanger de Besançon a fait une grève de la faim pendant 12 jours pour qu’on expulse pas de France son apprenti qui était de Guinée. C’est formidable. Notre film nous le dédions à ce monsieur », a déclaré Luc Dardenne sur scène. Tout un programme. Heureusement, Virginie Efira aura assuré de manière très classe son rôle de maîtresse de cérémonie. Elle nous aurait presque fait oublier les frasques de la régionale de l’étape de l’année dernière, Corinne Masiero qui s’était retrouvée nue sur scène.

Nous nous sommes intéressés aux 2 films flamands qui ont reçu chacun un prix. Les points communs entre les deux:

  • ils ont été réalisés par des jeunes réalisateurs nés à Gand,
  • ils parlent tous deux de jeunesse et d’amitié

Parenthèse enchantée avec « Les huit montagnes »

Felix Van Groeningen et Charlotte Vandermeersch livrent un film hors norme avec les huit montagnes (Le otto montagne). Ils ont mérité le prix du jury. Le film tourné en Italie avec des acteurs italiens, les réalisateurs ont même appris la langue. Le scénario sonne frais et sensible. Voici son résumé: « Pietro est un garçon de la ville, Bruno est le dernier enfant à vivre dans un village oublié du Val d’Aoste. Ils se lient d’amitié dans ce coin caché des Alpes qui leur tient lieu de royaume. La vie les éloigne sans pouvoir les séparer complètement. Alors que Bruno reste fidèle à sa montagne, Pietro parcourt le monde. Cette traversée leur fera connaître l’amour et la perte, leurs origines et leurs destinées, mais surtout une amitié à la vie à la mort. »

Inspiré du roman de l’écrivain italien Paolo Cognetti paru en 2016, il reçoit en Italie le prix Strega et en France le prix Médicis étranger en 2017. L’intrigue y est simple. Pietro est de la ville, Bruno est encore un des rares enfants à vivre et à travailler dans un village reculé des Alpes. Les deux gamins se rencontrent tout jeunes et installent dans cet écrin de verdure et de neige une amitié promise à l’éternité. Les montagnes les séparent mais elles sont aussi ce qui les réunit quand Pietro revient dans son pays. L’amitié passe au dessus de toute considération de choix de vie personnelle.

Vous pourrez découvrir ce film en salle au début des vacances de Noel, le 21 décembre.

Nouveau film sur l’enfance pour Lukas Dhont

Le film « Close » a remporté le Grand Prix du festival. Sur le tapis rouge, 2 adolescents ont pris la température du public de Cannes: Eden Dambrine et Gustav De Waele. Fulgurants dans des rôles prenants pour leur âge, ils crèvent l’écran.

Léo et Rémi sont deux adolescents, amis d’enfance. Très proches, ils partagent une complicité forte. Au collège, les deux garçons sont inséparables. Mais, un jour, un groupe de filles leur demande : « Vous êtes ensemble ? ». Une remarque sans agressivité, ni réelle moquerie, mais une représentation juste d’homophobie ordinaire. Leur amitié cache-t-elle en réalité un amour ? Peut-être, peut-être pas. Au fond, peu importe, le mal est fait. Car cette phrase va particulièrement vexer Léo. Le mettre mal à l’aise. Et le questionner sur ses sentiments et l’image qu’il renvoie. En conséquence, Léo décide de s’éloigner de Rémi. Un acte qui aura une conséquence terrible sur les deux garçons.

Ces jeunes ados accompagnés d’actrices chevronnées que sont Emilie Duquenne et Léa Drucker parviennent à exprimer les difficultés de cette période particulière dans une vie. C’est aussi le regard des autres, lourd à cet âge, qui est posé pour en comprendre la difficulté.

La bien pensance en ligne de mire

Le festival de Cannes confirme sa volonté de faire une ode au wokisme et au politiquement correct.

Contrairement à ce qu’ont pu avancer certains journalistes français en guise de sornettes, les réalisateurs du film Les huit montagnes ont précisé qu’il n’y avait aucun lien avec le film « Brokeback Mountain ». Aucune relation homosexuelle équivoque entre les 2 hommes, une amitié solide malgré la distance et un mode de vie différent. Pas étonnant que Felix Van Groeningen et Charlotte Vandermeersch aient du apporter cette information quand on voit le traitement du film par France info:

A croire que sans référence à une minorité, les journalistes français sont incapables de penser objectivement.

Ils n’ont pu également s’empêcher également d’interroger Lukas Dhont sur la portée queer du film « Close ». Il est vrai que le film concourrait dans la compétition LGBTQ+ remporté par un film pakistanais. Voulant faire le lien avec son 1er film « Girl » présenté à Cannes en 2018 qui racontait l’histoire d’un petit garçon voulant changer de sexe pour devenir danseur étoile, il insista sur la notion première d’amitié.

Dommage pour eux, rien de tout cela. Une bouffée d’air frais saine pour un événement planétaire qui le devient de moins en moins.

Crédit photo: DR

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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