Accueil Politique Département du Pas De Calais: une situation financière rassurante

Département du Pas De Calais: une situation financière rassurante

181
0

La Chambre régionale des comptes des Hauts de France vient de rendre un rapport d’observations sur la situation financière du Conseil départemental du Pas-De-Calais. Il concerne l’état des finances de 2016 à 2019; le comparatif étant fait par rapport à 2015. 2020 et 2021 sont également concernées; l’impact de la crise sanitaire a été évalué. L’échelle départementale est essentiel dans un territoire en proie aux difficultés sociales accentuées par rapport au reste de la France: jeunesse non formée, nombreux bénéficiaires du RSA.

Deux présidents PS du département sont directement concernés par ce rapport. Michel Dagbert a démissionné de son poste pour entrer au Sénat. C’est Jean Claude Leroy qui mène la barque depuis. Il a facilement été réélu à la tête de la collectivité en juillet dernier.

Une baisse significative des dépenses de fonctionnement à conforter

Lors d’un contrôle de la cour opéré sur la situation financière entre 2011 et 2015, un plan d’action poussé avait été demandé. Les dépenses de personnel grevaient les finances. Elles avaient augmenté de près de 18%. Outre un contexte sociologique défavorable, les choix pris concernant le personnel étaient peu pertinents. Trop de monde, trop payés, il fallait dégraisser le mammouth et établir un plan moyen terme. La situation était grave au point que l’épargne brute devenait peu à peu insuffisante. La solvabilité financière du département, mesurée à l’aune de la capacité de désendettement, s’était nettement dégradée de 3 ans à 16,6 ans. Ce niveau était le plus élevé des départements équivalents.

Tout cela est du passé. La situation s’est nettement améliorée grâce notamment au plan mis en place par Michel Dagbert début 2016 « Près de chez vous, proche de tous – Proximité, équité, efficacité » Objectifs principaux: diminuer la dette et une organisation efficiente. Cela a marché, preuves; la baisse des dépenses de fonctionnement de 17 millions grâce à une baisse conséquente des charges de personnel (-57 millions). La capacité de désendettement est donc passée de 14,5 années en 2015 à 5,2 années. Comme le remarque la Cour, les dotations aux investissements sociaux sont de même en hausse.

Cependant, les magistrats recommandent de continuer la maîtrise des dépenses. Un certain relâchement se fait constater depuis 2019 notamment quant à la masse salariale.

La cour recommande une même vigilance vis à vis des secteurs de l’enseignement, de l’action sociale et des réseaux et infrastructures.

Elle adopte des termes alarmants ( page 15 du rapport):

copie écran rapport CRC

Il est recommandé au département de formaliser un plan de maîtrise des dépenses de fonctionnement, à trois ans, visant à accroître leur efficience.

De nets progrès de la politique d’investissement

Grâce à un équilibre trouvé depuis 2016, la limitation des dépenses d’investissement ont été limitées à hauteur de 190 millions par an. Cette décision s’est appliquée aux grands projets touchant le Canal Seine Nord Europe, les collèges, les itinéraires et les aménagements routiers. Le département est tout de même parvenu à ne pas sacrifier la conservation du patrimoine ni la jeunesse.

Cependant, il est recommandé au conseil départemental d’établir un plan d’établissement et d’assurer une information transparente à l’ensemble des élus de l’assemblée.

Un recours à l’emprunt excessif et inadapté

La dette est maîtrisée tout en connaissant une hausse en 2019. La cour reproche à l’exécutif régional de ne pas avoir profité d’une trésorerie abondante pour diminuer le niveau d’endettement.

Le président du département se défend en mettant en avant l’incertitude de l’environnement financier actuel du fait de la crise sanitaire. Les magistrats de la Cour rejettent cet argument. Il est nécessaire, selon eux, d’ajuster le montant de ces emprunts générateurs de frais.

Une crise aux moindres conséquences

Les conclusions de la CRC vis à vis de la gestion de la collectivité pendant la crise sanitaire sont positives:

  • investissements qui continuent
  • dépenses de fonctionnement connaissent une hausse logique compte tenu des aides versées aux habitants

Le mandat de Jean Claude Leroy semble maîtrisé sur le plan financier. Le département semble être parvenu à se sortir de ses mauvaises habitudes des décennies précédentes marquées par le clientélisme.

Crédit photo

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Article précédentEcole Montessori de l’Artois: « une façon d’éduquer au quotidien »
Article suivantLe 2 poids 2 mesures français entre prisonniers corses et islamistes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici