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Cambrai: Tayeb Benyettou expulsé discrètement vers l’Algérie 13 ans après son arrivée en France

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Gérald Darmanin ne fera pas deux fois la même erreur. La médiatisation de la procédure d’expulsion d’Hassan Iquioussen a tellement tourné au désastre que désormais il se fait beaucoup plus discret sur le sujet. Et pourtant, les expulsions d’individus estimés comme islamistes radicalisés continuent…non sans difficulté.

Tayeb Benyettou: un parcours familier d’un étranger radicalisé

Selon les informations du journal Le Figaro, Tayeb Benyettou est arrivé d’Algérie. Inscrit au lycée à Cambrai à l’âge de 14 ans, il en est exclu à 17 ans pour propos antisémites. En 2015, il est repéré par les services de renseignement pour un antisémitisme accru son rapprochement avec des acteurs de l’islam radical. Son rapprochement avec des islamistes belges est aussi pris en compte.

Pourtant il obtient un certificat de résidence algérien à 22 ans, soit en 2017. Il occupe alors des petits boulots.

Quelques années plus tard, en 2018, il commet un crime à Prague. Il est jugé pour le viol en réunion d’une touriste irlandaise. Il fait appel et est condamné plus sévèrement qu’en première instance. Il fera 42 mois de prison et sortira en octobre 2021.

Les services français sont au fait quant à sa sortie de prison imminente.. Ils émettent une mesure d’interdiction administrative du territoire à son encontre en juin de la même année.

Mais c’est sans souci qu’il parvient à revenir en France où il commet plusieurs délits. Trafiquant de drogues, il fait plusieurs séjours en centre de rétention administrative (CRA). Malgré une assignation à résidence, il tente de fuir en octobre 2022. Il est alors condamné à une courte peine de prison. Il retente tout de même de fuir, retour à la case CRA. Il est enfin expulsé vers l’Algérie, soit 13 ans après son arrivée dans l’hexagone.

Un parcours hallucinant, un exemple d’un système judiciaire à bout de souffle.

Un cas parmi tant d’autres qui a su user des recours administratifs

La Figaro livre une information intéressante quant à cette énième affaire liée à un islamiste radical. Il aurait été aidé tout le long de ses recours pour éviter son expulsion vers son pays natal. Bien renseigné, il a contesté chaque acte administratif émis à son encontre.

Cet exemple montre aussi la perversité du système judiciaire. Alors qu’il ne respecte pas son assignation à résidence, il est placé en prison au lieu d’être directement expulsé. Une peine d’emprisonnement fait souvent sauter le verrou d’une expulsion qui n’est pas automatique. Comme le relatent fréquemment nos confrères de Breizh Info, nombre d’étrangers en situation irrégulièrement qui commettent crimes et délits sur notre sol se retrouvent en prison. Cependant les juges ne font plus référence à leur statut de présence irrégulière. Par exemple, ce cas qui s’est présenté à Quimper: « Un clandestin algérien connu sous neuf identités différentes vient d’être condamné par le tribunal de Quimper pour des violences et des menaces avec un couteau. Sans que la question de son expulsion n’ait été abordée. »

Même cas de figure avec l’ex-président de mosquée salafiste d’Hautmont

Pour un passeport introuvable, Abderrahim Sayah, ex-président de mosquée salafiste d’Hautmont, peut rester en centre de rétention.  L’État reproche à Abderrahim Sayah « une vision de l’Islam incompatible avec les valeurs de la République », selon des prêches radicaux prononcés dans sa mosquée. Et sans passeport, pas de passage de frontière.

Le juge a donc prolongé son incarcération dans le centre de rétention de 28 jours. Ce délai peut monter à 90 jours maximum. Mais encore faut il que l’Algérie, son pays de naissance, fournisse un laissez-passer consulaire. Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin pourra compter sur des relations diplomatiques de nouveau au beau fixe avec son homologue algérien…ou pas.

La loi immigration de Gérald Darmanin et qui sera présentée en janvier prévoit un abaissement des délais administratifs. Mais prévoit elle aussi l’arrêt de soutiens associatifs? Prévoit elle également une priorité première procédurale à l’expulsion d’une personne en situation irrégulière?

Crédit photo: DR

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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