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Le prénom occitan Artús refusé par l’état civil en Lozère

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C’est un papa en colère qui a révélé sur son compte personnel facebook la mésaventure vécue lors de la naissance de son petit garçon. L’état civil en Lozère, où il réside, a refusé le prénom occitan Artús. En cause, l’accent placé sur le prénom. Une vraie ressemblance avec l’affaire Fañch qui avait offusqué nombre de bretons en 2017.

De nouveau un problème d’accent

Lissandre Varena est furieux. Voici le message qu’il a publié le 20 décembre dernier, quelques jours après la naissance de son fils.

Cela peut paraître dingue. Mais l’Etat s’oppose à un prénom traditionnel occitan. Or, il est une partie de l’histoire de l’Occitanie, selon l’appellation culturelle et non administrative.

L’Etat Français réitère comme avec Fañch et discrimine une culture régionale

La décision de la France peut surprendre. Depuis de nombreuses années, des prénoms sortis de nul part ont investi les crèches et les écoles. Maxandre, Cyliann, Elouenn sont monnaie courante sans que cela ne pose aucun problème au moment de la reconnaissance de ces bébés.

C’est aussi sans compter les prénoms étrangers. En 2020, 21,7% des prénoms donnés sont musulmans. Aucune interdiction n’est connue dans ce cadre, hormis pour Oussama qui fait référence au djihadiste saoudien Ben Laden.

En quoi ce choix d’ordre privé peut il gêner l’Etat Français qui pousse son jacobinisme au paroxysme? Et pourtant dans l’affaire Fañch, malgré une validation par la Cour d’Appel de Rennes en 2019, le prénom fut finalement censuré. Lors de l’adoption de la loi Molac en avril 2021 est intégrée la permission d’inscrire dans les actes d’état civil tous les signes diacritiques en langue régionale. Néanmoins, à la suite d’un recours déposé par des députés de la majorité présidentielle auprès du Conseil constitutionnel, celui-ci censure en mai 2021 deux articles de la loi, dont celui qui « prévoit que les signes diacritiques des langues régionales sont autorisés dans les actes de l’état civil », estimant qu’il contrevient à l’article 2 de la Constitution.

La France et ses choix continuellement à géométrie variable, ne sachant pas respecter l’histoire des minorités régionales mais préférant toujours se prosterner devant ceux qui arrivent d’ailleurs.

Crédit photo: dr

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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