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Corse: Laetitia Leca de l’associu Sulidarità « notre combat principal est la libération des prisonniers politiques »

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La situation entre la Corse et les dirigeants politiques français est toujours sous tension. En cause notamment, la question des prisonniers politiques Corses. Nous avons interrogé Laetitia Leca de l’association Sulidarità. Elle nous explique les préoccupations et actions des membres de cette organisation. Mais aussi en quoi l’Etat français continue ses provocations.

MDN: Pouvez vous vous présenter ainsi que votre association ?

Je suis militante politique indépendantiste depuis ma jeunesse. Dans le cadre de mon engagement, j’occupe la fonction de vice-présidente de l’associu Sulidarità. Sulidarità est une organisation de soutien et aide aux prisonniers politiques et à leurs familles. Elle est issue du Comité Anti-Répression porté pendant très longtemps par le regretté Jean-Marie Poli,

Jean-Marie Poli,

et présidée actuellement par Thierry Casolasco, ancien prisonnier politique.

Thierry Casolasco, président

Sulidarità est liée au parti indépendantiste Corsica Libera. Nous sommes présents aux côtés des militants dès les arrestations, devant les commissariats et gendarmeries. Nous mandatons des avocats d’un collectif que nous avons créé. En outre, nous prenons en charge financièrement la défense des militants poursuivis. Puis nous les soutenons ainsi que leurs familles tout au long de leur incarcération ( frais de déplacements des familles, mandats au prisonniers etc ..)

Parallèlement nous organisons la mobilisation populaire autour des revendications politiques concernant les prisonniers. Depuis des années nous multiplions les manifestations, les blocages, les occupations de locaux, les pétitions, les soirées de soutien autour de la question des prisonniers. Par exemple, nous avons entre autres organisé une grande manifestation qui a réuni plus de 10.000 personnes à Ajaccio, une collecte aux sorties des grandes villes qui permit de récolter des fonds pour l’aide aux familles. Nous avons fait signer un manifeste pour l’amnistie par  la quasi-totalité des mairies corses, des collectivités et personnalités corses ou non, d’alliés internationaux. 

Ces actions ont permis une large prise de conscience de l’ensemble de notre peuple, et même au-delà. Nous intervenons dans les discussions avec les émissaires du gouvernement français. Car pour nous, la question des prisonniers est indissociable d’une vraie solution politique de la question corse dans son ensemble.

MDN: Combien y a-t-il de prisonniers corses ? Combien hors de Corse ? Quels sont les combats que vous défendez vis-à-vis d’eux ?

Il reste actuellement une dizaine de prisonniers politiques. Par le passé, on a pu en compter des centaines. Ils sont tous aujourd’hui regroupés à la prison de Borgo ou sous bracelet électronique. Notre combat principal est celui de leur libération. Les étapes de ce combat ont été la lutte pour le rapprochement en Corse (alors que ça ne devrait être qu’un droit). A ce propos, la mobilisation populaire consécutive à l’assassinat d’Yvan Colonna a permis le rapprochement de Petru Alessandri et Alanu Ferrandi, les deux derniers détenus dans les prisons de l’hexagone.

« Il s’agit pour nous de faire reconnaître le caractère politique de la questions des patriotes emprisonnées »

Ceux-ci ne sont ni des délinquants , ni des terroristes comme tente de les présenter l’état colonial. Pour cela, nous exigeons la fin du FJAIT , ce fichier crée pour les jihadistes mais appliqué aux patriotes corses, qui se traduit par des persécutions quotidiennes des anciens prisonniers.

Récemment , un de nos militants, ancien prisonnier politique a été interpellé à l’aéroport de Marignane, placé en garde-à-vue, jugé et condamné pour ne pas s’être plié à cet infamie du FIJAIT.

Sampieru Andreani a récemment effectué 23h de garde à vue pour non présentation au FIJAIT

Et d’autres procès concernant ce fichier ont eu lieu et sont à venir notamment concernant notre président. Au-delà des libérations, le problème des prisonniers politiques ne peut être vraiment résolu que par une amnistie (dont la forme est a discuter car il n’est pas question de pardon comme pourrait le supposer certains) de tous les faits liés à la question politique corse car actuellement, un ancien prisonnier n’est jamais libre car soumis à ces persécutions ( FIJAIT, amendes liées aux condamnations etc..).

Notre combat n’est pour l’instant pas terminé.

MDN: Comment expliquez vous l’acharnement de l’Etat Français envers les Corses, qu’ils soient jeunes militants ou emprisonnés depuis des décennies ?

Nous considérons les prisonniers politiques comme des otages de l’Etat français qui s’en sert comme moyen de pression dans le cadre du conflit en cours.

« En utilisant une répression tous azimuts l’Etat tente aussi de neutraliser une dynamique d’engagement de la jeunesse »

Et l’on doit évoquer une véritable « vengeance d’état » appliquée à certains d’entre eux.

MDN: Quel avenir voyez vous pour la Corse ?

L’avenir sera déterminé par notre capacité collective à imposer un rapport de force efficace à un Etat français qui n’aborde des questions politiques que sous la pression des événements. Nous luttons pour la reconnaissance et l’émancipation de notre peuple, son droit à maîtriser son destin librement.

MDN: Un dernier mot pour nos lecteurs flamands ?

Je leur dirais que face à un état jacobin et négateur des identités, ils devront, s’ils veulent vivre et être reconnus en tant que flamands, se mobiliser et être très déterminés. Forza à voi è sulidarità !

Crédit photo: DR

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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