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Renaissance, la NUPES et LR refusent de supprimer la niche fiscale des journalistes

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Le sujet de la niche fiscale de certaines professions a refait surface depuis plusieurs jours dans le cadre du vote du projet de loi de finances 2023. Jean Philippe Tanguy, député RN de la Somme, un des plus actifs du groupe, a proposé la suppression de cet avantage pour les journalistes.

Par 2 reprises, il a exposé ses arguments. Le 5 octobre, en commission finances, étape préalable au vote par l’assemblée nationale, puis cette nuit devant l’ensemble de ses collègues. En cause: supprimer l’abattement de 7650 euros pouvant être déduit par les journalistes gagnant moins de 6000 nets par mois.

Fronde politique contre la proposition mais absence des élus de LFI

C’est quasi unanimement que les autres groupes politiques s’étaient, dès le 5 octobre, prononcés contre la proposition de Jean Philippe Tanguy. La configuration n’a pas été semblable sur les bancs de l’Assemblée nationale. Nombreux absents étaient comptabilisés particulièrement du côté de la NUPES. Seuls 2 représentants du mouvement de Jean Luc Mélenchon étaient présents pour voter.

Mais la proposition du député RN a été rejetée.

Un rejet justifié d’une manière décomplexée

Cet amendement répond à la nécessaire baisse des frais de l’Etat mais aussi à une incompréhension de nombreux français. Pourquoi les journalistes bénéficieraient ils d’un avantage du fait de leur profession? N’est ce pas un signe d’une certaine dépendance vis à vis de l’Etat, donc d’un système politique? Jean Philippe Tanguy a qualifié la profession de « caste de privilégiés ».

Pour contrer cette proposition prônant notamment la justice sociale, les arguments ont été, eux, moins sociaux. Pour cela, le journal Libération a été un soutien et un relai des députés désirant conserver cet avantage aux journalistes. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Voici ce qui était avancé dans l’édition du 6 octobre. « Cet avantage fiscal étant basé, depuis 1998, sur un montant forfaitaire jamais revalorisé. Il est appelé, inflation oblige, à s’éteindre au fil du temps.« 

Traduction: cet avantage ne servirait plus à rien…Or, cela n’est pas exact, faire un lien entre augmentation de l’inflation qui est un phénomène temporaire et incertain et la non revalorisation du montant de l’avantage n’a pas de sens.

La niche fiscale des journalistes, un dispositif anti-social

Cet avantage avait été voté en 1934. Supprimé sous le gouvernement d’Alain Juppé, il fut rétabli par Lionel Jospin. Lors de son instauration, il avait du sens, il constituait une manne pour rembourser les frais engagés pour exercer son métier. Mais aujourd’hui, cela en a t’il encore vraiment?

Cet abattement se cumule avec l’abattement commun de 10% bénéficiant à tous les contribuables. En faisant un calcul, on se rend compte que cet avantage supplémentaire a une réelle conséquence positive pour les journalistes, beaucoup moins pour les finances de l’Etat.

Un journaliste déclare 30 000 €. S’il ne choisit pas les frais réels mais opte pour l’exonération de 7 650 €
 – Un abattement de 7 650 € sur son salaire déclaré : 30 000 – 7 650 = 22 350 €.
 – Puis l’abattement classique de 10% : 22 350 – 2 235 = 20 115 €.
Au final, il est imposé sur une base de 20 115 €. Il a pu déduire 7 650 + 2 235 = 9 885 €. De fait, son impôt a diminué de 9 885 € ce qui est très intéressant.

Pourquoi, les journalistes auraient ils droit à cet avantage et pas les autres? Pourquoi avoir fixé le plafond à 6000 euros, qui est un salaire nettement supérieur au revenu médian de 1789 euros en France. Seul 1 salarié sur 10 gagnerait plus de 4000 euros nets par mois.

Même la gauche ne s’offusque pas d’un tel avantage, preuve d’un lien entre politiques et journalistes?

L’ensemble des mouvements de gauche n’a pas retenu la proposition de Jean Philippe Tanguy. Pourtant cette mesure rompt le principe même d’égalité si cher aux hommes politiques de gauche. Si on ajoute à cela la rémunération de certains journalistes, on ne peut dire que cet avantage concerne les plus défavorisés ou appauvris du système en place.

Pourquoi la gauche suit elle pour une fois le mouvement d’Emmanuel Macron mais aussi la droite (LR)? Même si les élus de la France Insoumise étaient absents, leur avis était donné en commission. Ont ils préféré être absents pour ne pas avoir à rendre de compte sur cette position difficilement justifiable dans leur camp ?

Cela ressemble à une nouvelle preuve des interactions existantes entre ces 2 publics. Lors des campagnes électorales, la presse a à de nombreuses reprises, pris parti pour le mouvement se trouvant face au front national devenu rassemblement national.

Des exemples nombreux de liens entre politiques et journalistes

Libération a tenté d’attaquer Jean Philippe Tanguy vis à vis de sa proposition. Dans un article du 6 octobre, ils sont même allés jusqu’à faire un parallèle entre l’avantage fiscal de leur profession avec l’avantage fiscal des élus. Il est indexé directement sur l‘indice brut terminal de la fonction publique.

Jean Philippe Tanguy qui a avoué n’avoir pas connaissance de cet avantage a poussé sa logique jusqu’au bout et déposé un amendement pour supprimer cet avantage aux élus, exception faîte des élus des petites collectivités.

Libération est l’exemple même du journalisme militant. En avril dernier, le message de leur une avant le second tour de la présidentielle était clair.

Plus près de nous, la voix du Nord, avait écrit plusieurs articles, sorti plusieurs unes contre le front national en 2015 lors des régionales.

Ceci explique certainement cela. On ne mange pas la main de son maître, en l’occurence de celui qui nous offre un avantage si conséquent. Sans parler de nombreux liens privés entre ces 2 classes, combien de politiques sont en couple avec un ou une journaliste?

La gauche participe à ce mélange de genres dans lequel la presse alternative et indépendante, dont le miroir du Nord, ne fait pas partie.

Crédit photo: DR

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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