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Pourquoi nous avons dû retirer notre article sur Avisa Partners et Olivia Grégoire

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Fin juin, le Miroir du Nord produisait un article dans sa rubrique consacrée à la vie des médias sur les liens supposés entre Avisa Partners et Olivia Grégoire. Avisa Partners élabore des argumentations pour des journalistes, médias ou influenceurs. Olivia Grégoire est l’actuelle ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme. Mais avant le remaniement opéré en juillet dernier, elle était porte-parole du gouvernement.

Nous nous étions intéressés aux révélations du site en ligne Médiapart.

Plusieurs médias auraient été victimes de ce qu’on peut appeler des arnaques. Ils auraient diffusé des articles contenant de l’information orientée et intéressée. Médiapart en aurait été directement victime. Suite à la diffusion de cette information, plusieurs médias reprennent l’information qui met dans l’embarras un membre du gouvernement.

Mises en demeure et actions en justice en grand nombre

Quelques jours plus tard, nous recevons un mail de la part d’un avocat, conseil de la société Avisa Partners. Y est jointe une mise en demeure de retrait d’une page internet, celle mettant en cause la même société qui serait atteinte dans son honneur et sa réputation et subirait un préjudice commercial.

Mais ce n’était pas tout. Cette demande nécessitait une action rapide de notre part. 48 heures nous étaient laissées pour retirer l’article avant de porter plainte pour diffamation contre notre rédactrice en chef dans un délai de 3 mois.

Le miroir du Nord n’a pas été le seul média inquiété d’avoir abordé cette information. Selon la fédération européenne des journalistes (EFJ), Avisa Partners a engagé des poursuites pour diffamation contre Reflets mais aussi Arrêt sur Images, Mediapart et Next INpact. Avisa Partners avait également mis en demeure trois médias, Next INpact, l’ADN.

Certains médias n’ont pas cédé au chantage de suite et sont allés jusqu’à la phase judiciaire. Mais pour certains, comme cela est notre cas, le coût de la procédure à venir serait un handicap voire une mise à mort du média.

Réelles intimidations, bafouement de la liberté d’expression, cette méthode porte un nom: le procès baillon. Cela consiste en une « poursuite stratégique contre la mobilisation publique est une action en justice visant à intimider et à faire taire un journaliste ou lanceur d’alerte ou à entraver la participation politique et le militantisme ».

Les médias indépendants qui ont fait leur métier d’informer, ne font malheureusement pas le poids face à ces monstres privés.

Crédit photo: DR

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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