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Corse: l’état français continue les provocations

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Jeudi dernier, les relations entre les dirigeants Corses et français ont connu de nouvelles tensions. En cause, un nouveau refus essuyé à la énième demande de libération conditionnelle présentée par Pierre Alessandri du commandot Erignac. Cela en pleine période de négociations entre l’exécutif de l’assemblée de Corse mené par Gilles Simeoni et Gérald Darmanin.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Elles illustrent de nouveau la dissonance de points de vue entre les groupes nationalistes.

Gilles Simeoni embarrassé ne ferme pas la porte aux négociations

C’est un jeu qui a débuté son second acte. Alors que Gérald Darmanin avait prononcé le mot « autonomie », certainement dépassé par les manifestations de mars dernier suite au meurtre d’Yvan Colonna, Emmanuel Macron avait repris la main. Pas de négociations sans arrêt des violences. Une énième façon de ne pas faire avancer les choses.

Gilles Simeoni, suite à l’annonce de jeudi, a marché sur des oeufs dans sa prise de parole lors de la séance de l’assemblée de Corse. Scandalisé par une nouvelle vengeance d’état, il a produit un communiqué de presse avec les présidents des autres groupes politiques que Femu A Corsica.

Il a alors été décidé d’abréger la séance en cours à quelques jours de la venue de Gérald Darmanin sur l’Ile pendant 2 jours (6 et 7 octobre). Cependant, il ne ferme pas la porte au processus en cours. Ce qui n’est pas la position retenue par tous les dirigeants politiques nationalistes.

Les indépendantistes sortent des discussions et haussent le ton

Les indépendantistes de Core In Fronte et de Corsica Libera ne souhaitent plus participer au groupe des négociations. Pour Félix Benedetti, il n’y a aucun espoir à avoir face au comportement du gouvernement.  » J’ai pesé mes phrases. On ne peut s’amuser à éluder qu’il y a des prisonniers qui ont accompli une peine exemplaire mais auxquels on refuse une libération au titre d’un risque à l’ordre public. Je n’ai pas à aller discuter quand, sur des traceurs de bonne foi, la malhonnêteté est manifeste ». Pour la seule Corsica Libera, Josepha Giacometti-Piredda « Nous ne nous situons pas au bon niveau. Le rapport de force s’impose, il a déjà trop tardé. Si nous voulons passer à un échelon historique, l’ensemble des élus de la Corse doit se hisser à la hauteur des enjeux sans plus tarder ».

Le président national de la Ligue des droits de l’Homme prend position pour une nouvelle considération de la France vers Alessandri et Ferrandi

Pour Patrick Bauduin, la seule motivation de la France à ne pas accepter la libération ou l’aménagement de peine des 2 membres du commando Erignac est politique. Balayée la motivation liée à l’ordre public invoquée par les autorités françaises. « Ces détenus corses sont éligibles à une libération conditionnelle depuis plus de cinq ans et des demandes ont été formulées par les avocats de Pierre Alessandri. Mais on fait traîner les choses, on maintient un statu quo. Il y a une loi du talion maintenue au plus haut niveau de l’État. » Dans un entretien accordé à France 3 Corse hier, il va même jusqu’à faire un parallèle avec les détenus basques qui ne subissent pas un traitement aussi discriminatoire.

Le journal Le Monde et son parti pris habituel

Le journal Le Monde, habitué aux prises de position pro Macronistes, a fait de même dans ce conflit entre Corse et France. Le titre du dernier article du quotidien à ce sujet illustre leur point de vue.

Les journalistes n’évoquent en aucun point les 23 années de prison et par conséquent, la peine entièrement exécutée.

Outre ce nouveau revers pour les militants Corses, un jeune militant a de nouveau été arrêté à son domicile. Un rassemblement s’est donc tenu devant la préfecture de Bastia à l’appel du mouvement ghjuventù Libera, syndicat étudiant indépendantiste.

Crédit photo: DR

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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