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La manufacture Française de Textile de Caudry en redressement judiciaire

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Les décideurs politiques et économiques étaient pourtant optimistes: le secteur du textile était sauf. Et en plus, les entrepreneurs se dirigeaient vers toujours plus d’éthique en fabriquant leurs produits en France. Et pourtant, c’est un fleuron du textile français qui est en difficulté. La manufacture Française de Textile de Caudry est en redressement judiciaire. L’annonce a été publiée le 15 juillet dernier.

Cette entreprise a plus de 40 ans d’existence. Elle est spécialisée dans la fabrication et la commercialisation de la maille, du fil et des tissus teints, le tout dans une fabrication 100% « MADE IN FRANCE ». Un travail important a été fait pour obtenir certification et label. Les produits recyclés sont composés majoritairement de cotons recyclés ce qui diminue l’impact carbone. La gamme de textile recyclé est certifiée Label GRS. Cette labellisation permet à une structure de s’assurer du contenu recyclé de leurs produits (finis et intermédiaires) et contrôler les pratiques sociales, environnementales et chimiques responsables dans leur production.

L’entreprise compte une gamme de 300 produits. Elle travaille avec Lemahieu, fabricant de vêtements responsables située à Saint André dans le Nord.

Malgré tous ces investissements et développements, l’entreprise aux 77 salariés est en difficulté et placée en redressement judiciaire. Les entreprises intéressées pour sa reprise ont jusqu’au 5 septembre pour se manifester auprès de l’administrateur judiciaire.

Les pouvoirs publics seront ils au rendez-vous ?

La crise sanitaire a été révélatrice de failles dans la production textile française. Dans la précipitation, il a fallu la motivation de milliers de couturiers et couturières pour la fabrication de masques en tissu.

La région a été sous les feux des projecteurs avec le projet Résilience. Dès le lendemain du démarrage du 1er confinement, Thibaut Guilluy Haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises chez Ministère du Travail et proche de la belle fille d’Emmanuel Macron, a l’idée de créer un groupement d’entreprises. D’ampleur nationale ce groupement rassemble des PME du textile, des entreprises d’insertion et des entreprises adaptées œuvrant pour la re-localisation de l’industrie textile en France à la fois inclusive, durable et solidaire. Son principal atelier se trouvait à Roubaix.

La région, par une communication poussée de Xavier Bertrand pour fournir un masque aux 6 millions des habitants des Hauts de France, participe largement au développement de ce groupement. Ce fut finalement une belle facture de presque 10 millions et des retards en pagaille dans la fourniture des masques parfois distribués avec plusieurs mois de retard. Mais le président du conseil régional comme d’autres personnalités politiques pouvaient dire que l’industrie du textile made in France était relancée. D’autres initiatives de ce type naissaient partout sur le territoire. On parlait même de relocalisation. Mais le résultat n’était pas aussi éthique que cela comme nous vous en parlions il y a quelques semaines.

Le groupement Résilience est parvenu à devenir pérenne et a embauché pour certaines personnes en insertion de manière définitiveme. Chômeurs de longue durée, bénéficiaires du RSA, étrangers en situation régulière, ils furent formés et désormais fabriquent d’autres produits que des masques.

L’aide publique apportée à ce groupement a été pharamineuse. Entre les aides pour la constitution et les achats de masques, ce sont des millions d’euros qui ont permis sa création.

Plus récemment, dans le textile régional, la famille Mulliez a reçu 800 000 euros à part égale entre la région et la MEL pour une usine de fabrication de jeans à Neuville En Ferrain.

On peut donc présumer que cette entreprise sera aidée par les pouvoirs publics qui ont dépensé sans compter pour des initiatives dont l’objectif premier était l’insertion.

Crédit photo : pixabay

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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