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Usine de batteries électriques: y a t’il un retard dans la formation des futurs salariés?

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Le 1er février, lors de l’annonce de l’installation d’une nouvelle usine de fabrication de batteries électriques à Bourbourg à côté de Dunkerque, ce fut une satisfaction générale des décideurs politiques. Verkor, entreprise grenobloise a décidé d’installer sa future usine sur notre territoire. Après ACC à Douvrin et Envision à Douai, Xavier Bertrand et Emmanuel Macron ont commencé à parler de notre région comme la « vallée de la batterie ».

Le Parlement Européen a voté le 8 juin dernier la fin des voitures thermiques dessinant un avenir radieux à la voiture électrique. Lors d’articles précédents, nous avions indiqué l’amorce de soucis futurs:

  • une fabrication de batteries qui ne suit pas la cadence du besoin en voitures
  • un coût qui peut paraître pharamineux pour certaines populations
  • la question environnementale est d’ores et déjà posée quant au recyclage de ces batteries, des appels à projets national et régional ont déjà été lancés. Mais leurs composants sont hautement toxiques et ces initiatives semblent faibles dans leurs objectifs.

Les salariés seront ils formés assez rapidement?

C’est une question à laquelle le ministère du travail tente de répondre. Par sa structure Opco 2i (Opérateur des compétences interindustrielles) accompagnée du cabinet de conseil Bipe, filiale du groupe BDO, un panorama des besoins de recrutement, en termes de compétences et de formations a été élaboré. Il dessine les emplois nécessaires dans les 3 à 5 ans à venir.

Le travail à mener est conséquent. Le rapport répertorie 30 métiers indispensables au développement de la filière. Ce sont surtout les secteurs de la métallurgie et de la chimie qui y sont représentés. En terme de métiers, les experts ont indiqué les premiers d’entre eux pour lesquels des recrutements seront nécessaires:

  • opérateur-technicien spécialisé en génie chimique et en manipulation sous haute tension;
  • ingénieur-chercheur en électrochimie ou en génie des procédés;
  • responsable hygiène-sécurité-environnement
  • automaticien
  • technicien de maintenance robotique
  • ingénieur en hydrométallurgie et en mécanique-mécatronique
  • manager spécialisé dans l’analyse de cycle de vie et la réglementation notamment SEVESO

L’étude se montre pessimiste et donne des axes de travail

Selon le rapport de l’Opco 2i et du cabinet de conseil Bipe, il y a urgence et les personnes qualifiées à ce jour dans ce domaine d’activité ne le sont pas suffisamment. Ils donnent 4 axes de réflexion pour enclencher le développement d’une filière:

  • définir un schéma de gouvernance emplois-compétences afin de cartographier les formations et d’établir les parcours professionnels disponibles sur le territoire;
  • créer une école de la batterie près de l’usine Verkor;
  • concernant la formation des ingénieurs, l’observatoire du ministère du Travail suggère même de s’inspirer du cluster d’excellence sur les batteries du futur, Polis, en Allemagne;
  • labelliser certaines formations et un référencement auprès de l’Office national d’information sur les enseignements et les professions (ONISEP)

Mais, l’étude se montre insistante sur une obligation d’accélérer les démarches pour qu’un maximum de salariés soit formé lors de l’ouverture des usines. Notons qu’une 4eme usine de batteries pourrait s’installer en France.

Réflexion: n’aurait on pas pu former les salariés de Bridgestone pour l’usine de Douvrin?

L’usine de Béthune Bridgestone a fermé ses portes en mai 2021 laissant sur le carreau 900 salariés. 700 d’entre eux n’avaient pas retrouvé un autre travail lors de la fermeture de l’établissement. La proximité avec l’usine de Douvrin et le domaine d’activité aux quelques aspects similitudes avec l’usine de batteries électriques auraient pu être des pistes pour trouver de la main d’oeuvre et la former.

Les pouvoirs publics, connaissant la fin inéluctable de Bridgestone dès 2020 auraient pu faire coïncider les agendas. Et imaginer par exemple, un centre de formation ou une école de la batterie comme le préconise le rapport. Les habitants licenciés auraient retrouvé un emploi qualifié après une formation adaptée.

N’est il pas déjà trop tard? Comment les pouvoirs publics et les politiques régionaux comptent ils anticiper ce problème qui vient s’additionner aux autres connus?

Crédit photo: flickr

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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