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Législatives: les régionalistes à la peine

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Les mouvements régionalistes étaient de la partie pour ces élections législatives. Force est de constater que les résultats du premier tour n’ont pas été à la hauteur. Exception notoire en Corse où même divisés, les nationalistes confirment les derniers bons résultats électoraux. Sujet que nous traiterons à part après le second tour.

Lorraine, Provence, Alsace, Bretagne, Occitanie: ça coince

Les minorités régionales étaient représentées par des mouvements politiques plus ou moins reconnus.

En Alsace, Unser land a fait son trou depuis quelques années et fait partie de la fédération Régions et Peuples Solidaires. Il présente des candidats à chaque élection depuis 2009. Lors des législatives de 2017, le mouvement avait obtenu un résultat global tout à fait honorable de 6,7%. Mais dimanche soir, les mines étaient grises. Avec 4,8%, c’est la douche froide.

Même issue pour le très structuré Parti Lorrain pour lequel son président Thomas Riboulet nous a exposés ses objectifs. Dans certaines circonscriptions, le mouvement est apparu quasi invisible comme cela est mentionné sur la page facebook du mouvement: « Si quatre de nos candidates et candidats récoltent autour de 0,5 % des suffrages, notre candidat en Déodatie, dans les #Vosges, réalise une percée avec 2,19 % des voix. Le travail pour défendre la cause continue. » Tout comme Unser Land, ce parti est déjà représenté dans des collectivités publiques.

Les résultats sont similaires pour le mouvement Occitan Bastir Occitanie et pour les mouvements provençaux que sont Oui La Provence et Prouvènço Nacioun.

En Bretagne, même les mouvements plus connus et ancrés semblent oubliés des électeurs. Comme l’indiquent nos confrères de Breizh info, l’UDB (union démocratique bretonne) et le PB (parti breton) peuvent être qualifiés de « partis à 2% ». Leurs performances ne sont pas allées au delà.

L’exception basque

EH Bai, parti basque dit abertzale, comprenez indépendantiste de gauche, a obtenu des résultats significatifs. Présents dans plusieurs circonscriptions de Pyrénées Atlantiques, le mouvement est régulièrement dans le quatuor de tête. Il rivalise facilement face au RN dont les résultats restent largement en deçà des performances nationales. Quelques exemples:

  • dans la très huppée 6eme circonscription (Hendaye, Biarritz, Saint Jean De Luz…), le candidat Peio Dufau obtient 14,55% loin devant le RN à moins de 10%,
  • Egoitz Urrutikoetxea pour la 4eme circonscription dans laquelle ne se représentait pas Jean Lassalle, c’est son frère qui avait pris la place, EH Bai obtient quasiment 10%
  • sur le secteur de Anglet et Bayonne, Mathilde Hary réalise quasiment 9%.

Des résultats qui pèsent, un électorat qui s’est renforcé.

Consignes de vote: les bretons à la marge

Les dirigeants des courants politiques régionalistes ont donné ou non des consignes de votes.

L’exception notoire vient des des dirigeants de l’UDB. Ils ont appelé à voter NUPES. Rien d’étonnant pour ce mouvement classé à gauche, qui depuis des années, ne sait sur quel pied danser. Cela interroge surtout vis à vis des positionnements ultra jacobins de Jean Luc Mélenchon. On se souviendra notamment des échanges très tendus entre le leader LFI et Paul Molac, député breton engagé pour la défense de la culture de son territoire et qui est à l’initiative de la loi sur les langues régionales. Mais aussi du mépris d’ Alexis Corbière vis à vis des écoles en immersion, illustration d’un esprit parisianiste et bourgeois.

Positions divergentes entre les 2 mouvements basques que sont EH Bai et le parti nationaliste basque. Tandis que le premier ne donne pas de consigne excepté sur une circonscription où le vote pour le candidat NUPES est toléré, le second penche pour Ensemble. EN Bai explique que des « points de blocage manifestes » en particulier sur les thèmes de « l’euskara et du système immersif, du processus de paix ou encore de l’institution Pays Basque ». Quant aux seconds, ils estiment que la NUPES a « le programme le plus centraliste, le plus inefficace, le plus éloigné des réalités des territoires, le plus souverainiste et le plus anti-européen des candidatures en lice ».

Avis plus radical à l’Est. Le Parti Lorrain ne s’est pas exprimé. Mais Unser Land, lui a tapé fort sur les 3 formations politiques dominantes en France. Jean-Georges Trouillet son président qualifie le RN de « jacobins de droite, la NUPES de « jacobins de gauche » et le mouvement d’Emmanuel Macron de « parti de notables ». Par conséquent, ce sera un vote blanc pour les Alsaciens.

La consigne du vote blanc semble la plus pertinente et logique. Des mouvements qui militent pour la défense de leur langue, des écoles en immersion, une fiscalité particulière, contre la dépossession foncière, ne peuvent se retrouver dans les partis politiques classiques. Quel avenir pour ces mouvements qui se seront vendus aux politiques jacobines?

Crédit photo: DR

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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