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Grogne dans les hôpitaux de la région: amélioration non continue

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Emmanuel Macron l’a pourtant assuré: il a amélioré les conditions de l’hôpital en France durant son mandat. Comme il l’a dit à des soignants à Mulhouse le 12 avril dernier, « On a réinvesti dans l’hôpital comme la nation n’avait jamais réinvesti. » Alors comment expliquer les difficultés vécues par plusieurs établissements de santé de la région ces derniers jours?

Déclenchement de plans blancs

Les 2 grands hôpitaux du Nord de la métropole lilloise que sont Roubaix et Tourcoing ont été dans l’obligation de déclencher un plan blanc. Inscrit dans la loi depuis 2004, le plan blanc est un plan spécifique d’urgence sanitaire et de crise. Il permet de mobiliser rapidement les moyens de toute nature dont il dispose en cas d’afflux de patients ou de victimes ou pour faire face à une situation sanitaire exceptionnelle.

Cette situation s’était produit à plusieurs reprises durant les pics de la crise sanitaire. Mais depuis quelques semaines, le virus semble tarir. Quelles sont les raisons de cette situation? Il semblerait que dans beaucoup d’établissements, le personnel vient à manquer. Problème lié à des arrêts maladie pour épuisement, burn out. Un ras le bol qui se généralise et qui provoque des situations à risque. Comment soigner correctement les malades avec des établissements comptabilisant 20% d’infirmiers en moins par rapport à l’effectif prévu. Effectif qui était déjà à la base très mince.

Situation inédite selon les experts santé, encore le signe d’un pays à la dérive.

A Arras, le plan blanc n’a pas été déclenché mais le syndicat FO a lancé un appel à la grève subissant les mêmes problèmes que dans les hôpitaux du Nord.

Une absence de propositions gouvernementales adaptées

Quelles réactions des dirigeants français face à ce constat? Comment sortir l’hôpital public de cette crise? Comment accompagner au mieux le personnel présent? Combler les absences commence à être un casse-tête. A Boulogne Sur Mer, les soignants travaillant de nuit se voient imposer un nouveau rythme de travail. Il leur sera demandé d’être beaucoup disponible de manière spontanée. Devant l’hôpital Duchenne, ils ont entamé un mouvement de protestation la semaine dernière. Ce n’est pas la solution attendue par les soignants.

Face au manque de reconnaissance et aux conditions de travail difficiles, les professionnels se font rares. Le gouvernement semble, depuis des mois, profiter de cette situation pour aggraver le problème. Moins de personnel, moins de capacité de travail, moins de lits disponibles. Si les soignants ne répondent pas présents, le gouvernement trouve la solution: fermer des lits.

Les difficultés s’accumulent de plus en plus à celles déjà présentes avant la crise sanitaire. Personnel épuisé, manque de reconnaissance, les vocations sont au compte goutte. Les services hospitaliers des ressources humaines peinent à recruter. Au CHR de Lille, seulement 2 CV pour des stages d’été seraient parvenus pour une embauche temporaire.

Aucune proposition concrète et positive n’est évoquée. Pas d’augmentation significative de ces personnels indispensables dans une société mettant leur propre vie en danger en subissant des rythmes de travail hors norme.

Une autre décision gouvernementale a également accentué les soucis rencontrés: la suspension des soignants non vaccinés. Alors qu’il est prouvé que le vaccin ne fonctionne pas, l’obligation vaccinale a été appliquée à la lettre et les établissements de santé ont encore perdu du personnel. Décision qui doit également avoir des conséquences sur le recrutement.

La situation n’est pas prête de s’améliorer. La seule réponse entendue de plus en plus à ces graves problèmes: le recrutement de médecins étrangers comme c’est déjà fortement le cas. Nouvelle solution pour toujours plus d’immigration.

Crédit photo: flickr

Le miroir du Nord, 2021. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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