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La région continue d’électrifier l’Afrique: les partenaires sont ils de confiance? (2/2)

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Nous vous annoncions, il y a quelques jours, le renouvellement de l’appel à projets du Conseil régional « acteurs de l’énergie pour l’Afrique ». Nous posions la question de la réelle intention de cette action? N’y a pas derrière cet appel à projets des bénéficiaires qui en profitent pour engranger des subventions? Alors qu’en 2017, la région s’est donné un rôle de fer de lance pour cette opération lancée par Jean Louis Borloo. Or dès 2017, le succès n’était pas au rendez vous. Pourquoi cet investissement continu par un Xavier Bertrand offensif?

Un intermédiaire unique: le pôle MEDEE

Pour assurer le montage des projets et le conseil aux porteurs de projets, la région fait appel à l’association « le pôle MEDEE ». Créé en 2010, il s’est associé à la région en 2017, soit l’année de lancement de la participation de la région à l’électrification de l’Afrique. Depuis, le pôle intervient également dans le cadre du plan booster filières de la région à destination des TPE et artisans.

Ses missions sont d’accompagner les entreprises de recherche et développement, alimenter un annuaire de ces entreprises susceptibles de travailler en Afrique, mettre en réseau ces experts, assurer une veille.

Cela ressemble à du lobbying et à la mise en réseau de partenaires. Pourquoi pas? Mais la gouvernance de MEDEE laisse songeur. Les membres du Conseil d’administration sont composées notamment de grands groupes énergétiques. Son président, Mathias Povse, est délégué régional chez EDF. On y retrouve d’autres acteurs de grandes entreprises telles que Alstom, Enedis, Engie, RTE.

Cette structure bénéficie donc de fonds publics de la région pour faire travailler ces grands groupes ensemble et leur permettre de développer des projets. Car ces entreprises sont membres du réseau MEDEE.

A la santé financière délicate

C’est en tout cas ce qui avait été révélé en octobre 2020, le rassemblement national, par la voix de Philippe Eymery. Et qui n’a pas été contesté ni par Salvatore Castiglione, vice président de la solidarité avec les territoires et les relations internationales sous l’ancien mandat ni par Xavier Bertrand. La structure aurait eu des difficultés à régler les salaires de ses employés sans les subventions publiques.

Depuis, il y a eu un réel effort de communication sur ses actions. Davantage de rapports ont été publiés sur son site internet. Mais le nombre de projets soutenus en Afrique reste moyen: 18 depuis 2017.

A noter que Salvatore Castiglione n’est plus vice président et que cette vice présidence n’existe plus.

Hive electrics, adhérent du pôle MEDEE, au coeur de la tourmente en Flandre Intérieure,

Le pôle MEDEE fait indirectement parler de lui dans la presse par un de ses membres: Hive Electric. Cette start up a développé un nouveau procédé de fabrication pour une génération de batteries rechargeables. Elles sont performantes, recyclables et respectueuses de l’environnement, à destination de la mobilité électrique notamment les constructeurs de véhicules électriques. Idéal dans notre région qui est devenue la « vallée de la batterie ». Encore plus depuis l’officialisation de l’arrivée de la 3eme usine de batteries dans le dunkerquois.

Médiacités Lille a révélé la saisine du procureur de la République de Dunkerque par l’association Anticor 59. Cette dernière estime qu’il y a irrégularité des actions menées par Bruno Ficheux, ex président de la  de la Communauté de communes Flandre Lys (CCFL). En tant que président, il a accordé un bail à cette entreprise. Puis fin octobre 2020, n’étant plus président, il y investit 100 000 euros. Conflit d’intérêt avéré pour Anticor qui réitère l’opération avec Joseph Catteau, ex maire de Fleurbaix et ex-vice-président aux finances de la CCFL. Il a procédé à la même opération que Bruno Ficheux.

L’affaire aurait pu s’arrêter là mais Jacques Hurlus, maire de Lestrem et nouveau président de la CCFL a fait son devoir. Il a procédé à un signalement sur la base de l’article 40 auprès du Procureur de la République.

Hive Electric: l’Afrique comme support de développement

Hive Electric, de part un développement fulgurant, fait une levée de fond de 37 millions d’euros. Loin des 100 000 euros par ci, par là. La région, tout comme les ex dirigeants de la CCFL, a également mis cette somme au pot. Le but pour Hive Electric: se développer en Afrique en construisant une 1ere gigafactory.

Les métaux rares sont disponibles en Afrique, un partenariat sera créé avec un pétrolier algérien et une entreprise allemande. Cela ressemble de moins en moins à un accompagnement en faveur des africains…mais à un accompagnement du développement des voitures électriques, si important pour la région.

Crédit photo: pixabay

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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