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L’attrait des fabricants de batteries électriques pour la région est il bon pour l’avenir? (2/2)

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La semaine dernière, nous revenions sur l’information économique du moment: l’installation de la 3eme usine de batteries dans la région. Nous nous interrogions sur 2 points essentiels pour le développement des véhicules de demain: les recharges disponibles et l’accessibilité financière pour les habitants de la région.

Mais d’autres points en rapport avec la gestion écologique du sujet interrogent:

  • quelles solutions pour le recyclage de ces batteries?
  • comment assurer la mise à disposition des métaux rares indispensables pour ces équipements?

Retard dans le recyclage des batteries?

Depuis plusieurs années, des professionnels de l’environnement préviennent des conséquences du développement de l’électrique. Le recyclage des batteries est un problème majeur compte tenu de la composition des métaux les composant. La batterie d’une voiture électrique contient plusieurs kilos de lithium, mais aussi du cobalt et du manganèse, entre autres. Appelés métaux rares, ils sont surtout très polluants pour les sols notamment. Le journaliste expert en la matière, Guillaume Pitron, dès 2019, posait les bases de ce problème « Avec les métaux rares, les pays riches ont délocalisé la pollution (…) La transition énergétique est-elle aussi vertueuse qu’on le croit ? »

Si ces 3 « gigafactory » créent de l’emploi par la fabrication des batteries, elles ne font que de l’assemblage de métaux. Quid de la suite donnée à ces engins?

Le Conseil régional a mis en place un appel à projets pour gérer la question. Cela a été voté sous l’ancien mandat et les premières subventions ont commencé à être votées. Mais cela ne concerne pas que les batteries de voitures mais aussi celles des trottinettes, des téléphones, des vélos. Les projets peuvent aussi avoir pour ambition de regénérer des batteries pour un second usage.

La région a débloqué les premiers dossiers en septembre et novembre 2021. Mais rien de probant: des études d’un côté, un accompagnement de la filière de l’autre. Parfois, l’activité des entreprises aidées ne correspond pas au marché des voitures. Le chemin commence à se faire mais il y a déjà du retard au décollage. En espérant que cela ne sera pas trop tard et que les initiatives se développeront partout. Car une voiturée née dans la région ne va pas finir ses jours forcément ici.

Comment gérer les besoins en métaux rares?

Un rapport sur la sécurisation de l’approvisionnement de l’industrie en matière premières minérales, confié en septembre 2021 à Philippe Varin a été émis il y a 1 mois. Ses recommandations sont nombreuses. Voici les principaux points retenus par Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, tels qu’indiqués sur le site du gouvernement:

  • Dans une démarche commune public/privé, lancement des travaux préparatoires à la constitution d’un fonds d’investissement dans les métaux stratégiques pour la transition énergétique. L’objectif de ce fonds sera de contribuer à la sécurisation des approvisionnements des industriels français et européens, par des prises de participation et la mise en place de contrats d’approvisionnements de long terme, aux côtés d’opérateurs industriels, dans l’amont de la chaîne de valeur de la transition énergétique (mines, raffinage, première transformation, recyclage) avec, comme première priorité, l’amont de la mobilité électrique.
  • Constitution, auprès du BRGM et en lien étroit avec le Comité stratégique de la Filière Mines et Métallurgies, d’un observatoire des métaux critiques, rassemblant les moyens correspondants des industriels et des administrations.
  • Nomination d’un délégué interministériel à la sécurisation de l’approvisionnement en métaux stratégiques coordonnant les actions des administrations dans la mise en œuvre des décisions prises, en y associant étroitement les industriels.
  • Elaboration, dans le cadre de la stratégie d’accélération dédiée aux batteries et sous le pilotage conjoint du CEA et du CNRS, d’une feuille de route technologique partagée entre les industriels et la recherche publique relative aux métaux des prochaines générations de batteries.
  • Traduction dans une norme ou un label, certifiable, du concept de « mine responsable », en lien avec le règlement batteries en cours d’examen au niveau européen.

Lancement d’un appel à projets national

Les représentants d’Emmanuel Macron ont décidé de réagir rapidement en lançant un appel à projets national. Ils ont débloqué une enveloppe d’un milliard d’euros (500 millions d’euros d’aides d’Etat et 500 millions d’euros de fonds propres) pour assurer la sécurité du tissu industriel français sur les chaînes d’approvisionnement en métaux. Il est complémentaire aux initiatives locales. Il est ouvert jusqu’au 30 mai 2024.

A l’instar des éoliennes, des solutions sont en train de pointer le bout de leur nez. Sont elles suffisantes? La région ne va t’elle pas de nouveau être sacrifiée au nom de la transition écologique? La France n’est elle pas déjà en retard?

Crédit photo: pixabay

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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