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Quand Mulliez veut se racheter une virginité avec des jeans fabriqués dans le Nord…et des masques (2/3)

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La semaine dernière, nous vous évoquions l’envers du décor de l’usine de fabrication de jeans appartenant au géant Mulliez. (Auchan, Décathlon, Norauto, Kiabi…) . Son activité va débuter prochainement. Prétextant une évolution des métiers de demain, des centaines d’emplois ont été supprimés en quelques années dans plusieurs enseignes.

Au départ, un autre projet: la fabrication de tee shirts

Le projet de l’usine de fabrication de jeans était en fait au départ un projet de fabrication textile orientée vers le tee shirt. Dès mars 2019, les dés étaient jetés. Chronologiquement, cette annonce répondait aux difficultés financières de plusieurs enseignes textile appartenant à Gérard Mulliez (Pimkie, Jules, Grain de malice…) depuis quelques années. Il apparaissait nécessaire pour l’entrepreneur de s’orienter vers une autre façon de travailler et si possible de façon écologique. Il faut suivre les exigences de l’époque.

Quels liens avec la fabrication des masques?

En mars 2020, la crise sanitaire frappe le pays. Des initiatives sont prises par des collectivités, des entreprises pour parer au manque de masques que l’Etat ne peut distribuer faute de stocks. Dans la région, notamment est lancé l’atelier Résilience. Dès le lendemain du 1er confinement, cette association est créée. Initiative gouvernementale aidée de donateurs privés qui étaient inconnus au départ de l’aventure. Par un article des Echos de décembre 2020, nous apprenons que c’est la famille Leclerc, autre branche de la galaxie Mulliez qui a notamment été donatrice pour 1 million d’euros.

Le Conseil régional, dès la mi avril, passe une commande ferme de 6 millions de masques à ce groupement nouvellement né. 9 millions versés directement dans les caisses de cette nouvelle organisation pour répondre à l’opération « un masque pour chacun » qui tenait tant à Xavier Bertrand. Objectif: fournir avant le 1er déconfinement un masque à chacun des 6 millions d’habitants. Ce fut laborieux voire une vraie déconfiture. Les livraisons se sont étalées jusque septembre 2020. Les salariés de Résilience étaient pour la plupart inexpérimentés. La région a donc dû passer par d’autres fournisseurs parfois bien plus onéreux.

La crise continuant, les masques désormais facilement accessibles, les salariés de Résilience se mirent à fabriquer des tee shirts…pour Décathlon qui appartient à la famille Leclerc, l’autre branche de la famille Mulliez. En octobre 2020, on apprend par la presse régionale que l’enseigne Jules est aussi intéressée. Les acteurs économiques et politiques parlent alors de relocalisation du textile.

Boucle bouclée

En mars 2020, les salariés du groupement résilience employés sont des personnes en difficulté et considérées comme loin du marché de l’emploi. L’économie sociale et solidaire priorise ces publics dans leurs entreprises et associations. Elles emploient même des personnes réfugiées moins qualifiées et rémunérées. Vitamine T, qui participe au programme national, en est un exemple. Sa filiale HOPE est un programme d’insertion des migrants. Vitamine T créé Confectio en avril 2020, structure spécialement dédiée à la fabrication de masques à Lesquin. A noter que Vitamine T a été l’un des grands projets du socialiste Pierre De Saintignon.

La crise sanitaire et la création du groupement Résilience ont elles été des opportunités pour la famille Mulliez de disposer de main d’oeuvre à moindre coût nouvellement formée pour la fabrication prévue des tee shirts? Cela explique t’il que le projet a pris une nouvelle forme et est devenue une usine de fabrication de jeans? Le don de 1 million d’euros pour la création du groupement Résilience était il seulement versé par philanthropie?

Constat: la famille Mulliez bénéficie d’une source d’employés à moindre coût, dont les structures employeuses sont largement financées par l’argent public. De plus, elle a été subventionnée à hauteur de 400 000 euros par la région du même montant par la MEL pour un autre projet qui semblait imprévu.

Crédit photo : pixabay

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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