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Quand Mulliez se refait une virginité avec des jeans fabriqués dans le Nord (1/3)

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Cette information a fait l’objet de nombreux articles: un jeans 100% hauts de France va être fabriqué à Neuville en Ferrain. L’usine sortira de terre dans quelques jours. Enthousiasme du milieu économique local, les politiques félicitent cette initiative. 100 emplois sont prévus à moyen terme, une aubaine dans nos territoires en difficulté sur le plan de l’emploi. C’est le projet FASHION CUBE DENIM CENTER. Ces pantalons seront d’abord distribués chez Jules.

Mais cela ne ressemble en rien à de la charité chrétienne.

Un des actionnaires de ce projet est l’entreprise Happy Chic. Détenue par l’association famille Mulliez (AFM), elle regroupe les enseignes Brice, Bizzbee et Jules. Un autre actionnaire viendra supporter le projet: Oosterdam BV qui est détenu également par la même famille et qui englobe Pimkie, Orsay, Rouge Gorge lingerie, Grain de malice. Cela ressemble à de l’entre-soi. Pire, le fashion cube denim center regroupe 5 de ces marques: Jules, rouge gorge, bizbee, grain de malice et orsay.

Le prétexte de la protection de l’environnement…

Fabriquer sur place a l’avantage d’une maîtrise des coûts liés aux transports mais aussi de livrer avec des délais plus courts. Une production qui permettra de répondre au maximum aux seules demandes et de ne pas produire inutilement. Les ventes au rabais diminueront. Le textile est la seconde industrie la plus polluante.

Dans l’air du temps, l’environnement devient un l’objectif à atteindre même pour des entrepreneurs fortunés. Prétexte? Réelle sincérité? Il en ferait perdre de vue que les marques de vêtements de l’univers Mulliez (hors kiabi) ont connu des difficultés financières il y a quelques années. Les licenciements ont été nombreux.

Qui ferait presque oublier les licenciements passés

En juillet 2018, happy chic annonce la fermeture de 90 magasins en France entre 2020 et 2022. Un plan de sauvegarde est mis en place. Il coûtera au final 19 millions d’euros pour l’entreprise. Indemnités versées aux licenciés, budget pour des formations, elle tente de sauver les meubles. Du côté des salariés, c’est la douche froide, certains magasins ferment du jour au lendemain sans délai de prévenance. La majorité d’entre eux est des femmes peu qualifiées, une galère sans précédent. L’un des objectifs est la fusion des enseignes Brice et Jules à l’avantage de cette dernière. Dans la région, des impacts majeurs. Outre la fermeture de 7 boutiques, 88 salariés sont licenciés du siège social à Roubaix.

Dans toute la France, ce sont des magasins de centre ville qui ferment leurs portes.

A cette occasion, la ministre du travail en place à cette époque, Muriel Pénicaud, « approuvait en quelque sorte cette décision. « On ne peut pas garder les métiers du passé (…) il faut former les travailleurs aux « métiers du futur ».

Le groupe Mulliez retombe parfaitement sur ses pattes et trouve écho auprès des institutions publiques. En avril 2021, le conseil régional accordait une subvention de 400.000 euros pour ce projet d’usine de fabrication de jeans. Même somme par la Métropole européenne de Lille.

Oui des emplois sont créés mais au prix de licenciements passés. Cela revient à déconstruire et participer à ce monde d’après qui mettra sur le carreau toute une frange de la population qui ne pourra entrer dans les « métiers du futur ».

Crédit photo : pixabay

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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