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La faible part des jeunes vivant en milieu rural

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L’INSEE vient de publier une étude sur la représentation des jeunes de 3 à 24 ans vivant dans les zones rurales des Hauts de France au 1er janvier 2018. 27% d’entre eux résident dans ces espaces. Cette part est très faible comparée aux autres régions françaises. Elle est de 10% en moins.

Mais ce sont le Nord et le Pas-De-Calais qui font dégringoler ces chiffres. Les départements picard connaissent des chiffres allant au delà de la moyenne nationale.

Quelles raisons?

Alors que de plus en plus de jeunes enfants vivent dans des zones rurales, leurs parents ayant la volonté de vivre loin des soucis de la métropole, le phénomène s’inverse à partir de 18 ans. Il connaît déjà une hausse continue pour le passage d’un enfant de l’école primaire vers le collège.

Le départ vers les établissements d’études supérieures explique qu’ils ne sont plus que 22% des 18-24 ans à vivre en zone rurale. La moyenne nationale grimpe, elle, à 30%.

Les causes réelles viennent de phénomènes bien connus dans la région:

  • une concentration des établissements scolaires post bac
  • une offre de transport ne permettant pas aux jeunes de pouvoir raisonnablement rentrer chez eux tous les jours. La location d’un appartement proche de l’école est souvent une obligation.

Une partie de ces jeunes ne quitte pas la ruralité. Certains s’inscrivent pour cela dans un établissement proche de chez eux: en BTS, DUT. D’autres volent vers la voie de l’alternance ou vers une filière professionnelle. L’apprentissage a la côte depuis quelques années. 11,5% des jeunes ruraux ont choisi cette voie contre 7,5% des jeunes urbains. Ces chiffres sont toutefois plus faibles que dans le reste de la France: respectivement à 13,5% et 8,4%. Mais comme indiqué dans l’article publié hier sur le RSA dans le Pas-De-Calais, une part plus importante de jeunes n’est pas scolarisée.

96% des jeunes ruraux sont scolarisés hors de leur commune de résidence. Ils doivent parcourir en moyenne 20 kilomètres pour aller à l’école, soit plus de 20 minutes pour arriver sur place.

Ces chiffres ne sont que l’illustration du délaissement de la ruralité par les pouvoirs publics. Les plus jeunes en subissent les conséquences dans leur quotidien. Alors que tous les moyens sont mis en faveur des territoires dits « prioritaires » pour des résultats décevants voire inutiles.

Crédit photo

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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