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Foutez la paix au maroilles

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L’Union Européenne a l’art et la manière de compliquer le quotidien de ses citoyens. Elle souhaite généraliser le nutri- score à la fin 2022 sur l’ensemble des produits agroalimentaires transformés. Cette pratique existe à ce jour dans 6 autres pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, Luxembourg, Pays-Bas et Suisse).

Le nutri-score est l’étiquette que vous trouvez sur beaucoup de produits transformés.

Mais en France, quand on touche à la gastronomie, la colère n’est pas loin. Et quand il s’agit de fromage, la fronde s’installe rapidement: Saint Nectaire, camembert, roquefort, bleu d’Auvergne…

Dans la région, dans l’Avesnois, c’est l’exaspération. Notre célèbre met, le maroillles, se verrait attribuer une note péjorative. Trop gras selon le nutri-score qui le noterait en D par sa teneur à 45% de matières grasses.

Une méthode contestable

Les producteurs ne comprennent pas cette mesure. La fabrication du maroilles répond à un cahier des charges précis pour assurer un gage de qualité. Le changement de recette est donc impossible. Les industriels, peuvent, jouer à l’infini avec leurs produits pour que la recette soit classée en A, B ou C.

Autre élément d’incompréhension, l’une des bases participant à la qualification des produits est le poids de 100 grammes pris en compte. Ce critère ne s’applique pas au fromage pour lequel généralement chacun mange une portion autour de 30 grammes.

Pire, aucune information n’est apportée par le nutri-score sur les additifs présents dans les aliments. De quoi être perplexe quand KFC annonce que 70% de des produits sont classés entre A et C…

capture écran site KFC France

Des conséquences néfastes

Si cela peut paraître anodin, les conséquences pourraient être dévastatrices. Selon une étude menée l’année dernière dont les résultats ont été publiés en juillet, 53% des personnes interrogées se disent sensibles au score des produits et sont influencées dans leurs achats.

Autre conséquence majeure si cette décision était appliquée: l’interdiction de faire de la publicité. Cette règle a été établie pour les produits classés D et E.

De manière générale, ce système d’étiquetage pourrait redéfinir le principe même de qualité, au profit des industriels mais au détriment des produits traditionnels français. Enième exemple de l’impertinence des mesures de l’Union Européenne.

Crédit photo: wikipédia

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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