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Les tensions sont montées d’un cran entre la France et la Guadeloupe

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Lundi, nous vous parlions du sort des prisonniers corses Pierre Alessandri et Alain Ferrandi. Leur statut de détenu particulièrement surveillé n’a pas été levé. Ils ne rejoindront pas la prison de Borgo près de leur famille. Le traitement qui leur est réservé par la France ressemble à un traitement politique.

Il semble qu’en Guadeloupe, la France agisse de la même façon. La situation n’en finit pas de s’aggraver. Lors d’une énième manifestation contre le pass sanitaire et l’obligation vaccinale le 30 décembre, Élie Domota, leader du collectif LKP a été mis en garde à vue. Le Liyannaj Kont Pwofitasyon est un collectif guadeloupéen regroupe une cinquantaine d’organisations syndicales, associatives, politiques et culturelles de la Guadeloupe. Finalement, quelques heures plus tard, Élie Domota était libre.

6 mois de tension

C’est une succession de faits qui a accentué le rapport de force de semaine en semaine depuis environ 6 mois. Les décisions du gouvernement vis à vis de la crise sanitaire et le traitement infligé aux DOM-TOM de manière générale ont conduit les guadeloupéens à sortir dans la rue depuis des semaines. Point d’orgue de cette colère, l’occupation du Conseil régional la veille du réveillon de Noël par des syndicalistes pendant 24 heures. Aucune remise en question des dirigeants français notamment quant aux moyens insuffisants du service hospitalier sur l’île. La vice présidente divers droite Marie-Luce Penchard, également maire de Basse Terre a même parlé de « coup d’état », le ministre des Outre- Mer, Sébastien Lecornu a condamné cet acte. Quant à Valérie Pécresse, elle n’a vu, dans cette manifestation, que des « anti pass ».

Après la garde à vue du leader du LKP, les guadeloupéens envisagent de nouvelles actions. Leur détermination à lutter contre le pass sanitaire transformé en pass vaccinal va t’elle être récompensée.

Les violences montent en intensité

Pour l’instant, aucune porte de sortie ne permet de calmer le jeu. De nouvelles manifestations ont été signalées mardi 4 janvier, notamment des barrages routiers. Mais c’est surtout l’épisode qui s’est déroulé au centre hospitalier (CHU) qui a marqué les esprits. Avoir avoir tenu un meeting, le collectif en lutte contre l’obligation vaccinale en Guadeloupe a occupé l’entrée du CHU de Point-à-Pitre et séquestré le personnel. Le directeur et son adjoint ont été exfiltrés par la police après avoir subi des coups et…des jets d’urine.

Comment la France va t’elle se sortir de cette situation? La directrice de l’agence régionale de santé en Guadeloupe vient de quitter son poste occupé depuis 2018.Olivier Véran, ministre des solidarités et la santé, a conscience d’une gestion particulière nécessaire en Guadeloupe comme le prouve sa déclaration « On ne veut pas ré-enflammer un conflit social » dans les Antilles. Oubliées les raisons sanitaires. Mais les manifestants anti-vacc comme ils sont appelés, n’y sont pas sensibles.

Pour rappel, 60% des guadeloupéens sont vaccinés, loin des 92% de la métropole.

Crédit photo: wikipédia

Le miroir du Nord, 2022. Dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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