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Lutte contre les fake news : ce qui nous attend avant les présidentielles

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Le 26 septembre se déroulaient les élections au Bundestag allemand, l’assemblée parlementaire de la République fédérale d’Allemagne assurant la représentation du peuple allemand dans son ensemble. Il élit le chancelier fédéral, qui est le chef de gouvernement allemand.

Tout comme pour les élections américaines, la lutte contre les fake-news a pris une part importante dans l’environnement de ces élections et ce jusqu’en France. Le 21 septembre dernier, se tenait un débat à la fois à Paris et Berlin et en direct sur Youtube. Il était organisé par la chaîne ARTE, le CLEMI ( Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information) et Café Babel qui est un magazine participatif en ligne écrit par les jeunes et pour les jeunes en Europe créé par des étudiants Erasmus en 2001. La cible : les jeunes de 16 à 30 ans qui pouvaient poser leurs questions en direct à des « professionnels » de lutte contre les fausses informations.

Ces 3 organismes, financés en grande partie par l’argent public (95% pour ARTE grâce aux redevances TV allemande et française, 99% pour Café Babel) ne sont qu’un exemple de multiples initiatives mises en place pour alerter sur les possibles tentatives de déstabilisation de l’information.

Le débat a rapidement mis en exergue 2 actualités phares de l’année 2016, qui selon les organisateurs, ont été des exemples types de propagations des fake news : l’élection de Donald Trump et le Brexit voté par le peuple britannique.

3 moments clé ont agrémenté ce débat :

  • Les solutions pour lutter contre les fake news 
  • De la fausse information au complotisme
  • Les principales illustrations choisies par les animateurs

Les solutions pour lutter contre les fausses informations…ou plutôt la solution : l’éducation. Parler fake news aux enfants est « un devoir » selon Marie Adam-Normand, coordinatrice du CLEMI pour l’académie de Besançon depuis 15 ans. Mais pas seulement, l’éducation des parents est elle aussi nécessaire ! Outre les précautions habituelles : vérifier la véracité de la photo d’illustration, regarder la date de l’article, comparer avec d’autres sources d’information, « l’éducation » réside à se méfier des sites d’informations alternatives qui selon les intervenants sont présentés comme étant liés à la fachosphère. Notons cette affirmation péremptoire « les gens d’extrême droite ne veulent pas parler avec les journalistes ». Affirmation qui se comprend par une autre affirmation affichée clairement « on a totale confiance en l’AFP » lorsqu’est abordée un exemple de fausse information lors de l’annonce de la mort de Martin Bouygues en février 2015. Il n’y avait, dans cette situation, pas l’intention de  diffuser une information inexistante. Voilà la différence avec les pratiques issues des sites de « réinformation » dont les responsables veulent faire le buzz et faire de la politique souvent orientée vers l’extrême droite. Pour Alexander Sangerlaub, journaliste et spécialiste de la communication de nationalité allemande, ce sont eux qui sont les plus présents sur internet et qui se sont improvisés journalistes.

L’autre solution: les agences de fact-checking. Elles sont nombreuses (les décodeurs du Monde, checknews de Libération, le vrai-faux d’Europe 1…) et ont pour but de « vérifier en temps instantané la véracité des faits et l’exactitude des chiffres présentés dans les médias par des personnalités politiques et des experts » (définition wikipedia). 

Le débat va plus loin et déborde sur la question du complotisme. Mais qui sont les complotistes ? Une définition personnelle est donnée par la modératrice (sic) du débat à Paris, Romy Strassenburg (journaliste travaillant pour de nombreux médias allemands et franco-allemands) et qui illustre la portée de ce débat. Ce serait « l’exagération d’une fake news » et les complotistes sont des gens qui « pensent que l’Etat, de toutes les façons, ne fait pas bien son travail ». Pour parler de cette évolution vers le complotisme, Sylvain Cavalier, complotiste déchu (non) devenu débusqueur de fausses informations et de théories du complot, youtubeur de la chaîne « Debunker des étoiles » donne la leçon. Ce rédempteur apparaît très critique vis-à-vis des personnes créant des blogs d’informations qui parviennent parfois à la même portée que les journalistes professionnelles.

Quelles sont les références employées dans ce débat ?

On y retrouve pèle mêle les mentions aux électeurs de Trump, les « anti-vax », les personnes d’extrême droite, les gilets jaunes, les Français peu instruits… tout cela fait penser aux discours entendus depuis plusieurs années sur beaucoup de médias subventionnés. Les attaques visent toujours les mêmes milieux.

2 exemples significatifs :

1/ un média dit alternatif est cité : la chaîne RT France. Ce média subventionné par les pouvoirs publics russes est fréquemment critiqué pour son parti-pris en faveur de Vladimir Poutine. N’oublions pas que les médias français subventionnés, le Parisien en tête, reçoivent des millions d’euros annuellement, certains bénéficiant même de plans de sauvetage payés par les impôts des Français. On assiste ici à un 2 poids-2 mesures dont n’ont même pas conscience les intervenants.

2/ pour parler complotisme, le nom de Damien Tarel est cité. Il est celui qui a mis un soufflet à Emmanuel Macron le 8 juin et qui a écopé de 4 mois de prison. Il est, selon un « jeune » posant une question, une figure du complotisme dont BFM aurait profité du buzz en l’invitant sur son plateau. Idée reprise par les équipes de Quotidien, animée par Yann Barthès sur TMC.

https://www.tf1.fr/tmc/quotidien-avec-yann-barthes/videos/damien-tarel-polemique-apres-linterview-du-gifleur-demmanuel-macron-sur-bfmtv-74693822.html

Ce débat, représentatif de la bien-pensance qui entoure les médias apparaît creux, ne faisant que répéter les affirmations entendues sur les chaînes et radios subventionnées. Petite remarque : aucun journaliste français n’était présent…

Attendons nous à voir fleurir encore plus ces initiatives par les médias eux-mêmes ou les associations subventionnées elles aussi par l’argent public. Nous reviendrons sur ce sujet à ces occasions.

Le miroir du Nord, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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